Actualité 18.06.21

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

La croissance Française attendue à 5,75 % en 2021  

La Banque de France se montre très optimiste quant au niveau attendu de la croissance française en 2021 : elle anticipe une hausse de près de 6 % (5,75 % exactement). Bien que cette hausse puisse être considérée comme technique, au regard de la forte contraction de 2020 (- 8 %), il est intéressant de constater que la France devrait mieux s’en sortir que la zone euro, dont la croissance moyenne est attendue à 4,6 %. “Les choses sont en passe de rentrer dans l’ordre grâce à un déconfinement par étapes et l’accélération de la campagne de vaccination” note la Banque de France. Si l’institution se montre si optimiste, c’est parce qu’elle fait confiance aux ménages pour consommer une partie de l’épargne accumulée depuis 15 mois (environ 142 milliards d’euros). Le journal Le Figaro s’attend ainsi à un “véritable rebond de la consommation des ménages sur la seconde moitié de 2021”. 

L’optimisme ambiant concerne aussi les entreprises, dont les dépenses en investissements devraient croître de 9,7 % en 2021, après un recul de 8,9 % en 2020. Les exportations françaises devraient également repartir à la hausse grâce à la reprise du commerce international et au “début de normalisation dans les secteurs du tourisme et de l’aéronautique, points forts traditionnels de la spécialisation française” note Le Figaro

Cet alignement des planètes permettrait à la France d’aborder 2022 de manière plus sereine : sans nouvelles restrictions sanitaires, la croissance pourrait alors atteindre 4 %. Toujours selon Le Figaro, “les dépenses des ménages accéléreraient encore en 2022 grâce au surplus d’épargne accumulé précédemment ; leur investissement serait notamment soutenu en 2021 et 2022, ce qui leur permettrait de rattraper les projets reportés pendant la crise sanitaire”. Le gouvernement ainsi que la Banque de France estiment que le niveau de l’activité économique pourrait dépasser dès le premier trimestre 2022 son niveau pré-Covid. Le marché du travail devrait également bénéficier de ces bonnes nouvelles : le taux de chômage atteindrait 9,3 % au cours du premier semestre 2022, avant de reculer pour revenir en dessous de 9 % en 2023. 

États-Unis : le PIB devrait augmenter de 7 % en 2021  

Aux États-Unis la reprise économique est forte, très forte. La Fed l’a bien compris et ne veut rien faire qui puisse la mettre en péril. C’est pourquoi au sortir du comité de politique monétaire, aucun relèvement des taux directeurs n’a été annoncé. Ils vont demeurer inchangés entre 0 et 0,25 %, car les objectifs de plein emploi et d’inflation ne sont pas encore atteints. Un détail a néanmoins été noté par les analystes : les taux pourraient remonter plus vite que prévu. Alors qu’en mars, “aucun des directeurs de la Fed ne prévoyait de hausse des taux cette année […] ils sont plus nombreux, cette fois, à les envisager en 2022, et une majorité à les prévoir pour 2023, où deux hausses en moyenne sont planifiées” relatent Les Echos

La Fed a profité de ce comité pour revoir à la hausse ses prévisions de croissance : cette dernière est attendue à 7 % cette année, tandis qu’en mars la hausse pour 2021 était attendue à 6,2 %. En ce qui concerne l’inflation, elle devrait dépasser les 3 % en 2021, alors que les dernières prévisions faisaient état d’une hausse des prix de 2,3 %. Mais elle reviendrait à un niveau compatible avec les objectifs de la Fed dès 2022, juste au-dessus des 2 %. Selon les membres du comité de la Fed, cette inflation est “passagère” et ne devrait pas durer : elle serait largement due à des facteurs transitoires. Néanmoins, elle est surveillée de très près, car elle a atteint 4,2 % en avril et 5 % en mai. Finalement, la seule source d’inquiétude concerne le taux de chômage, anormalement élevé : il est actuellement de 5,8 %, contre 3,5 % en février 2020. 

Accord entre Bruxelles et Washington sur la fin des droits de douane 

Depuis 2004, l’Union européenne et les États-Unis sont en conflit devant l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) sur le sujet des aides publiques versées à Airbus et Boeing, considérées comme illégales car faussant la concurrence internationale. L’affaire a pris un tournant inquiétant sous l’administration Trump : en octobre 2019, l’OMC a autorisé Washington à imposer des taxes sur près de 7,5 milliards de dollars de biens et services européens importés chaque année. Puis en octobre 2020, Bruxelles a obtenu l’aval de l’OMC pour mettre en place des taxes sur 4 milliards de dollars de produits importés des Etats-Unis. 

Finalement, l’affaire semble arriver à son terme. Mardi 15 juin, l’UE et les Etats-Unis ont annoncé la signature d’une trêve de cinq ans pour régler le vieux conflit Airbus-Boeing. “Un signe tangible d’apaisement entre les deux blocs après les quatre années de l’administration Trump” selon Le Monde. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen n’a pas caché sa satisfaction : “Cet accord ouvre un nouveau chapitre dans notre relation, car nous passons d’un contentieux à une coopération sur l’aéronautique”. La directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala a déclaré que “C’était l’un des plus anciens et des plus coûteux conflits dans l’histoire de l’OMC, et les deux parties ont montré que même les différends apparemment les plus inextricables peuvent être résolus”. 

Cet accord intervient dans un contexte de tensions diplomatiques et commerciales très fortes entre les États-Unis et la Chine. Washington tente de convaincre son allié européen de rejoindre le “bras de fer” contre Pékin. La Chine est accusée par les États-Unis de pratiques non-commerciales dans le secteur aéronautique, qui “donnent aux entreprises chinoises un avantage déloyal” selon Joe Biden.  

Sources : 

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. 

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