Actualité 17.07.20

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

France : 100 milliards supplémentaires pour le nouveau plan de relance  

Au plus fort de la crise sanitaire, le gouvernement annonçait un plan de soutien massif à l’économie de 460 milliards d’euros. Mardi 14 juillet, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé un second plan de relance, doté de 100 milliards d’euros, dont 35 milliards proviennent des “fonds actuellement négociés entre États de l’UE”. Les négociations devraient s’achever samedi 18 juillet. Les contours précis du plan seront quant à eux dévoilés à la fin de l’été. 

Mais certains objectifs sont déjà désignés : le premier sera l’emploi des jeunes. Un dispositif d’exonération de charges pour les entreprises devrait être mis en place, jusqu’à 1,6 SMIC, pour favoriser l’insertion des jeunes sur le marché du travail (700 000 jeunes vont arriver sur ce marché à la fin de l’été). Le plan devrait également lancer la “construction d’un modèle qui est à la fois écologique, industriel et environnemental” selon M. Macron. La filière hydrogène devrait bénéficier ainsi d’investissements supplémentaires (à l’heure actuelle, 100 millions d’euros sont dévolus à cette énergie, contre 9 milliards outre-Rhin). Le transport ferroviaire serait également bénéficiaire du plan de relance. L’accent serait mis sur “le fret ferroviaire, les trains de nuit et les petits lignes”. 

Pour le ministère de l’Économie et des Finances, une baisse des impôts de production est nécessaire. La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) devrait être abaissée, pour un coût estimé à 6 milliards d’euros. L’État a promis aux régions, qui perçoivent le CVAE de compenser la “perte fiscale de manière intégrale”. Une part de TVA pourrait ainsi être perçue par les régions. 

Recul du PIB britannique de 19 % entre mars et mai 2020  

Le Royaume-Uni est l’un des pays d’Europe qui souffre le plus de la crise sanitaire et économique engendrée par le coronavirus. Le pays doit également faire face à la menace d’un Brexit sans accord avec l’Union européenne. Ces deux problématiques pèsent lourdement sur le PIB britannique. Malgré un rebond de ce dernier en mai (+ 1,8 %), le PIB a chuté de 19 % entre mars et mai. Dans le détail, le secteur des services (qui représente 80 % de l’économie du Royaume-Uni) a reculé de 18,9 %, et celui de la construction de 29,8 %.  

Jonathan Athow, membre de l’Office National des Statistiques, se veut rassurant concernant le secteur des services, au sujet duquel il a déclaré avoir observé un “rebond dans la distribution avec notamment un record de ventes en ligne”. Mais les mesures de restriction des déplacements, encore en vigueur outre-Manche pénalisent fortement d’autres secteurs de l’économie.  

La menace d’un Brexit sans accord plane aussi sur l’économie britannique. La période de transition s’achève fin décembre, et le Royaume-Uni a fait savoir le 15 juin 2020, à la suite d’une réunion avec l’Union européenne, qu’il s’opposerait à toute prolongation de cette période. Or, selon l’association Institute of Directors, “trois quart des entreprises britanniques ne sont pas prêtes pour le Brexit”. 

Le PIB de la Chine se redresse : + 3,2 % au second trimestre 2020 

Le premier trimestre chinois 2020 fut historique : pour la première fois en 40 ans, le PIB a reculé (- 6,8 %), à cause de la crise économico-sanitaire. Mais l’économie de la Chine s’est redressée au second semestre, et affiche une croissance forte, de 3,2 %, au-delà des prévisions des analystes. La Chine devient ainsi la “première grande économie mondiale à retrouver le chemin de la croissance”, et la seule à enregistrer un rebond de son PIB, selon Zhang Lin, économiste indépendant basé à Pékin. La production industrielle a notamment connu une forte hausse de 4,8 %, “la meilleure performance de l’année”.  

Alicia Garcia Herrero, économiste chez Natixis, basée à Hongkong considère que les strictes mesures antiépidémiques prises par le gouvernement ont créé un “environnement sûr” qui a permis une “amélioration du sentiment économique”. La hausse des cours de la bourse de Shanghai, la hausse de la production d’électricité et le dynamisme du marché immobilier chinois semblent confirmer la reprise économique affichée par les statistiques officielles chinoises. Les prévisions de croissance pour la Chine tablent sur 1,5 % en 2020, faisant de la Chine l’une des rares économies majeures à échapper à la récession. Ce chiffre reste néanmoins en-deçà de l’objectif de 6 % fixé par Pékin. 

Cette croissance ne doit pas faire oublier que le retour à la normale pourrait être difficile pour l’Empire du Milieu. Sur les 6 premiers mois de l’année, le PIB s’est contracté de 1,6 %. Les exportations souffrent de la chute de la demande internationale, et la consommation intérieure ne suffit pas pour prendre le relais. Les ventes de détail sont toujours en baisse au second semestre (- 3,9 %) et le chômage demeure au-dessus de 5 %. A la crise économico-sanitaire s’ajoute une crise géopolitique pour Pékin : les tensions avec les Etats-Unis sur la question de Hong-Kong sont fortes. Le 14 juillet, le président Donald Trump a annoncé mettre fin au “régime économique préférentiel accordé par les États-Unis à Hong Kong”, ce qui pénalise les banques dont les financements contribuent à “l’érosion de l’autonomie de Hong Kong”. 

Sources :  

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