Actualité 16.07.21

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

France : la croissance devrait atteindre 6 % en 2021  

L’optimisme serait-il de retour en France ? C’est ce que semble indiquer le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, qui a annoncé la révision de la croissance française pour 2021. En lieu et place des 5 % attendus, la croissance devrait atteindre 6 % ! Ce chiffre correspond aux prévisions faites à la fois par l’Insee et par la Commission européenne. La Banque de France se montre moins optimiste sur les perspectives françaises : elle anticipe une croissance de 5,75 %. Bercy a pourtant des arguments à faire valoir : la reprise économique est “plus forte que prévu[e]” a annoncé Bruno Le Maire. La consommation des ménages après la réouverture des commerces qualifiés de non-essentiels est “dynamique”, voire même supérieure que ce qu’elle était à la même époque en 2019, avant la crise sanitaire. Un tel niveau de croissance permettrait à la l’activité française de retrouver “à peu près” son niveau d’avant crise dès la fin de l’année, soulignait début juillet l’Insee. 

Ce rehaussement des prévisions par Bercy peut surprendre alors que l’épidémie semble repartir, en particulier à cause du variant Delta. Bien qu’Emmanuel Macron ne souhaite pas instaurer de nouvelles mesures de restriction sanitaire afin de ne pas briser la reprise économique, un retour “brutal et massif” de la pandémie aurait des conséquences majeures sur le tissu économique français. Bruno Le Maire en appelle à la responsabilité de chacun : “Je veux être très clair […] nous n’atteindrons ces 6 % de croissance que si chacun fait preuve de responsabilité en matière de vaccination” a-t-il déclaré au journal Les Echos

Le déficit français pourrait revenir sous les 9 % en 2021  

Le rehaussement des prévisions de croissance pour 2021 a une autre conséquence : celle de la revue à la baisse du déficit public, qui pourrait revenir sous la barre des 9 % dès la fin de l’année, alors que les prévisions tablaient sur – 9,4 %. Ce rebond de croissance va logiquement entraîner un accroissement des recettes fiscales et sociales. Olivier Dussopt, ministre délégué aux Comptes publics a déclaré : “En 2021, le déficit restera élevé, même si l’amélioration des perspectives de croissance nous permet de le revoir à la baisse, à un niveau légèrement inférieur à 9 % du PIB”. Il a également promis un budget “de retour à la normale” en 2022, afin de ramener le déficit à 5,3 % du PIB.  

Pour Les Echos, ce retour à la normale est loin d’en être un. La hausse des dépenses publiques va s’accroître de 10,8 milliards d’euros en 2022, quand les ministères demandaient une hausse de 22 milliards. Ce chiffre de 10,8 milliards n’est pas représentatif de la facture finale. Il faudra y ajouter le futur revenu d’engagement des jeunes dont le coût pourrait atteindre 2 milliards d’euros. Emmanuel Macron a également promis un “plan d’investissement” dont les contours budgétaires ne sont pas encore connus, mais qui s’ajouteront aux dépenses de l’année prochaine. Bien qu’une partie de cette hausse des dépenses publiques fût attendue (elle découle des lois de programmation pour la Défense, la Justice et la Recherche), des dépenses de soutien à la crise y ont été adjointes : les garanties sur le prêt garanti par l’Etat (PGE) par exemple, l’hébergement d’urgence, ou la prolongation du ticket universitaire à 1 euro. 

La croissance chinoise atteint 7,9 % au T2 2021 

Au premier trimestre 2021, la Chine enregistrait une croissance folle de 18,3 %, bien qu’elle soit surtout structurelle car faisant suite à la crise épidémique mondiale. Au second semestre les chiffres sont moins éloquents si on se fie aux standards chinois, mais demeurent impressionnants : + 7,9 % selon les chiffres dévoilés jeudi par le Bureau national des statistiques (BNS). C’est essentiellement la reprise industrielle qui tire les chiffres de la croissance vers le haut. Sur les 6 premiers mois de l’année, la croissance est mesurée à 12,7 %. Les ventes de détails progressent à 13,9 % au second trimestre, mais se sont tassées en juin à 12,1 % par rapport au mois précédent. La production industrielle robuste s’est également ralentie en juin à 8,3 % contre 8,8 % en mai. 

Zhang Lin, économiste indépendant à Pékin détaille la stratégie économique de la Chine : “La stratégie de Pékin est l’inverse de celle de Washington. Biden tente la relance par la demande, alors que la Chine mise sur son offre industrielle”. L’objectif chinois est en effet de tirer profit de la reprise économique de ses partenaires commerciaux comme les États-Unis ou l’Union européenne, car le marché intérieur est fragile : les classes moyennes, au courant des tensions géopolitiques sino-américaines se montrent prudentes : “La production s’est redressée rapidement, surtout celles des entreprises publiques, mais la demande intérieure est relativement faible. Et les habitants sont réticents à dépenser” explique l’économiste Zhang. 

En dépit de ces quelques signaux d’alerte, la Chine devrait atteindre son objectif de 6 % de croissance en 2021, un objectif en phase avec la nouvelle doctrine économique chinoise, qui passe par la réduction de “son accoutumance à une croissance soutenue par des investissements publics massifs, souvent à perte, sur fond d’augmentation de la dette, et vieillissement de la population” selon Le Figaro. Le journal anticipe néanmoins trois difficultés au second semestre pour la Chine : “hausse des prix des matières premières, pénurie mondiale de semi-conducteurs et menace persistante de nouveaux foyers épidémiques”. 

Sources : 

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. 

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