Actualité 16.04.21

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

Les social bonds représentent 35 % de l’univers ESG au T1 2021  

Les social bonds, ou obligations sociales, servent à financer des projets notamment dans le domaine de la santé, de l’emploi, ou de la lutte contre la pauvreté. La crise de la Covid-19 a fortement contribué à leur développement, alors qu’elles étaient jusqu’alors “le parent pauvre” de l’univers des obligations ESG explique le journal Les Echos. Entre 2017 et 2019, on estime que la part des social bonds dans les émissions ESG était comprise entre 6 et 8 %. En 2020, cette part a grimpé à 30 %, et même à 35 % au premier trimestre 2021. Cette croissance de la part des social bonds s’est accompagnée d’une forte hausse de leurs volumes : ils ont été “multipliés par plus de sept pour atteindre près de 150 milliards de dollars en 2020”. Ce chiffre pourrait grimper à 250 milliards de dollars en 2021 selon plusieurs analystes. 

Comment expliquer un tel dynamisme ? L’explication est à chercher du côté des fonds souverains ou quasi souverains. Depuis la fin 2020, l’Union européenne a émis “plus de 75 milliards d’euros pour financer son programme Sure, qui aide les États mettant en place des mesures de chômage partiel”. En France, ce sont l’Unédic et la Cades qui se sont lancées sur le marché des social bonds. Les acteurs privés ne sont pas en reste : les banques et les assureurs “comptent pour 25 % des volumes contre 70 % pour les émetteurs publics”. 

L’émission de social bonds demeure en revanche faible chez les entreprises. Contrairement aux green bonds, les social bonds ne s’appuient pas sur des indicateurs facilement quantifiables, mis à part la diversité. Les entreprises pourraient alors se tourner vers les “sustainability linked bonds”, qui reposent sur une obligation de résultat globale. 

La finance à impact représente 715 milliards de $ selon le GIIN  

L’investissement socialement responsable vise à éviter de nuire à la planète et à la société, ce qui ne suffit pas forcément à l’ensemble du secteur. Pour “améliorer les choses”, la finance à impact est le “nec plus ultra” de l’ISR explique Les Echos. Le Global Impact Investing Network (GIIN) définit les investissements à impact comme étant ceux réalisés dans “l’intention de générer un impact social et environnemental positif et mesurable, parallèlement à un rendement financier”. Aujourd’hui, le GIIN estime que le poids de la finance à impact est de 715 milliards de dollars, en croissance 42 % sur un an. 

La définition de la finance à impact donnée par le GIIN est cependant assez générique, ce qui laisse une place importante à l’interprétation. La France veut donner un cadre plus précis à l’impact, pour en parallèle faire de Paris le premier centre mondial de la finance à impact. Il s’agit également de concurrencer les anglo-saxons qui ont créé l’Impact Management Project (IMP), soutenu notamment par les Nations Unies. Pour la France, il s’agit également de s’affranchir des normes américaines afin d’éviter la standardisation. Comment créer un modèle différent de celui des américains ? 60 entreprises de gestion ont répondu à l’appel du Forum pour l’investissement responsable (FIR) et de France Invest pour définir l’investissement à impact :  

  • L’intentionnalité de l’investisseur 
  • L’additionnalité, qui valide si l’investissement a contribué à créer ou augmenter l’impact de l’entreprise financée 
  • La mesure de l’impact : il s’agit d’évaluer précisément les résultats obtenus 

Sandra Bernard-Colinet, auteure pour le gouvernement de deux rapports sur l’investissement à impact, explique que “vouloir standardiser l’évaluation et la mesure d’impact en imposant des référentiels privés, qui véhiculent eux-mêmes un système de pensée et une vision personnelle de l’intérêt général, peut conditionner le financement de notre modèle économique et social”. 

Le PIB allemand devrait croître de 3,7 % en 2021 

Alors que les principaux instituts économiques allemands envisageaient une croissance de 4,7 % en 2021, ils ont finalement revu leurs ambitions à la baisse, et tablent désormais sur un scénario de croissance de 3,7 %. La raison ? Le maintien des mesures de restrictions contre la pandémie de la Covid-19. Malgré tout, les instituts sont bien plus optimistes que le gouvernement fédéral, qui estime que la croissance du PIB s’établira à 3 %. Actuellement frappée par une troisième vague de coronavirus, l’Allemagne maintien fermés “ses cafés, bars, restaurants depuis novembre, et une grande partie de ses magasins depuis décembre” raconte Le Figaro. Le secteur industriel, très porteur outre-Rhin, est également touché par la crise : la production a chuté en janvier et février, ce qui va entraîner un recul de 1,8 % du PIB allemand au premier trimestre 2021, selon les instituts. 

Ces mêmes instituts se veulent tout de même rassurants : ils estiment que “dès que le risque des infections aura été écarté, l’économie connaîtra un fort regain”. Ils ajoutent que le retour de l’économie allemand à son niveau d’avant-crise se fera au début de l’année 2022, et que la croissance sera de 3,9 % en 2022. Comme dans l’ensemble des pays frappés par la pandémie, le déploiement de la vaccination est la clé d’une reprise économique forte. La chancelière Angela Merkel et le gouvernement fédéral ont d’ailleurs durci la loi sur la protection contre les infections, ce qui leur confère un pouvoir accru pour prendre de nouvelles mesures : des “couvre-feux nocturnes” et “la réduction des contacts entre personnes privées” sont envisageables. 

Sources : 

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. 

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