Actualité 14.08.20

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

252 millions d’euros d’aide internationale pour le Liban 

Après le tragique accident qui a frappé le Liban et sa capitale Beyrouth, la mobilisation internationale se met en place. Dimanche 9 août, une visioconférence organisée par “l’ONU et la France” s’est tenue pour rassembler les différents pays désirant apporter une aide au Liban et coordonner l’aide internationale. “Dans cette période horrible, le Liban n’est pas seul” ont rappelé les 30 chefs d’État qui ont pris part à la visioconférence. 

L’Union européenne a mobilisé 60 millions d’euros et les pays du Golfe sont également partie prenante de cette mobilisation (le Qatar a ainsi promis 50 millions d’euros d’aide). La France contribue à hauteur de 30 millions d’euros et a dépêché sur place 18 tonnes d’aide médicale et 700 tonnes d’aide alimentaire, dont “200 tonnes de farine et de produits laitiers et infantiles”. L’ensemble des pays participants ont laissé la coordination des efforts aux Nations unies et souhaitent que cette aide soit directement apportée à la population libanaise “avec le maximum d’efficacité et de transparence”. 

Quatre priorités ont été fixées par la coalition internationale : la santé, l’alimentation de la population, la réhabilitation des écoles et celle des logements touchés par l’explosion. L’avenir de la mobilisation semble également tracé, mais soumis à conditions : la reconstruction des infrastructures sera la priorité, et une nouvelle aide de 11,6 milliards d’euros (promise en 2018) sera versée sous réserve de la mise en œuvre de “profondes réformes” par les autorités libanaises. Enfin, les différents pays ont proposé leur assistance pour mener une enquête “impartiale, crédible et indépendante” pour faire toute la lumière sur cette tragédie, ce que le président Michel Aoun a pour le moment refusé. 

Le Gouvernement étend les aides au tourisme à de nouveaux secteurs 

Annoncé par le gouvernement en mai, le Plan Tourisme, destiné initialement aux hôtels et restaurants, a pour objectif d’aider les acteurs du secteur en détresse après la forte chute de leur chiffre d’affaires. Grâce à ce plan de 18 milliards d’euros, le secteur touristique a vu son accès au fonds de solidarité élargi, des dispositifs de prêt renforcés, et une exonération de charges. 

Cependant, le secteur du tourisme n’inclut pas uniquement les hôtels et restaurants. Dans le plan de relance initial, rien n’était prévu pour les boutiques de souvenirs, les magasins d’aéroports, les traducteurs-interprètes, ou encore les métiers d’arts. Lors de son voyage à Lourdesville où l’on rapporte “70 % à 80 % d’activité en moins, parce que les touristes étrangers, les pèlerins ne sont pas là”, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, a annoncé l’élargissement des mesures du Plan Tourisme.  

Ces nouveaux acteurs pourront bénéficier du plan de soutien initial, qui comprend donc la possibilité d’avoir recours au chômage partiel et au fonds de solidarité jusqu’à la fin de l’année. Les travailleurs du secteur les plus touchés par la crise sanitaire pourront percevoir une aide de 1500 euros par mois, ou encore obtenir le soutien économique de l’État pour payer leur loyer. La signature prochaine d’un décret rendra cet élargissement effectif, et le détail du plan de relance sera dévoilé en Conseil des ministres le 25 août. 

France : l’activité économique inférieure au niveau d’avant-crise de 7 % en juillet 

Aux mois d’avril et de mai, la trajectoire de la reprise économique en France semblait très positive. Bien que plus faible en juin, elle était bien réelle. Le mois de juillet marque un essoufflement de cette reprise. La Banque de France a ainsi qualifié la trajectoire de la reprise “d’aile d’oiseau” : soit un plafonnement après une forte reprise. Cette dernière estime que l’activité économique est encore de 7 % inférieure à son niveau d’avant-crise, ce qui marque tout de même une amélioration de 2 points par rapport à juin 2020 (9 % inférieure à l’avant-crise). 

Cet essoufflement pourrait faire naître de nouvelles craintes chez les chefs d’entreprise, susceptibles de faire pression sur le gouvernement pour qu’il allonge la durée des mesures de soutien mises en œuvre pour faire face à la crise économique, et que le plan de 100 milliards d’euros qui sera présenté le 25 août soit mis en place le plus rapidement possible. Cet essoufflement a également conduit le gouvernement à étendre à d’autres secteurs les aides déployées pour soutenir les acteurs économiques du tourisme.  

La reprise reste également très variable selon les secteurs. Dans l’industrie, l’agro-alimentaire et le pharmaceutique affichent une activité de 97 % (100 % étant le niveau d’avant-crise), quand la métallurgie affiche 80 % d’activité et l’automobile 72 %. En moyenne, le secteur industriel affiche une activité de 87 % selon la Banque de France. Dans le secteur des services, le tableau est moins positif : si la réparation automobile affiche une activité de 100 %, la restauration n’est qu’à 74 % et l’hébergement à 51 %. En moyenne, les services marchands affichent une activité de 85 %, 2 points en-deçà de l’industrie. 

En plus de cet essoufflement, les incertitudes demeurent nombreuses : la possibilité d’une seconde vague épidémique et donc d’un “resserrement des mesures de protection” pourrait fragiliser la reprise. La forte hausse de l’épargne de précaution au détriment de la consommation est également une ombre qui plane sur la reprise économique. Pour rappel, la Banque de France estime que le PIB de la France ne retrouvera pas son niveau d’avant-crise avant mi-2022. 

Sources : 

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle.

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