Actualité 12.03.21

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

Hausse de la production manufacturière française de 3,3 % en janvier  

C’est une surprise, mais une surprise bienvenue : l’industrie française se porte mieux que prévu, selon une note de l’Insee publiée mercredi 10 mars. Selon l’Institut, “la production manufacturière hexagonale a augmenté de 3,3 % en janvier par rapport au mois précédent”. Les carnets de commande commencent à revenir à la normale ajoute la Banque de France, à 95 points (100 étant la moyenne de long terme). Ce rebond est rendu possible par la forte reprise asiatique, qui “tire les exportations à la hausse” selon Les Echos. Au dernier trimestre 2020, les exportations françaises vers la zone asiatique ont progressé de 13 % selon les Douanes. Selon Julien Pouget, chef du département de la conjoncture à l’Insee, en France, “l’indice de la production manufacturière se situe aux alentours de 2 % en dessous de ce qu’il était fin 2019”. 

Tous les secteurs de l’industrie ne bénéficient pas de cette remontée surprenante : dans le ferroviaire, le naval mais surtout l’aéronautique la production est encore inférieure de 25 % par rapport à fin 2019. En revanche, le secteur de la pharmacie a considérablement rebondi : la production a augmenté de 25 % entre février 2020 et janvier 2021. Les industriels français ont également bénéficié des prêts garantis par l’État (PGE) et contrairement aux services ils n’ont pas souffert des fermetures administratives. Ces deux données expliquent l’état de l’opinion des industriels sur leur trésorerie : elle a augmenté en février et “se situe nettement au‑dessus de sa moyenne de long terme, proche de son plus haut de ces dix dernières années”, selon la Banque de France. 

Quelles perspectives pour les prochains mois ? Ce sont les ménages, qui ont accumulé en 2020 un surplus de 110 milliards d’euros d’épargne (par rapport à 2019) qui détiennent les clés de la reprise industrielle française : si cette épargne est consommée dans des produits fabriqués en France, l’activité repartira fortement. Si l’épargne est dépensée dans des produits importés, elle viendra gonfler le déficit commercial français. 

France : une croissance de 6 % attendue en 2021  

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement mise sur une croissance de 6 % en 2021. Les prévisions de l’OCDE et de la Banque de France ont conforté l’exécutif dans sa vision. L’OCDE a indiqué qu’elle anticipe une croissance de 5,9 % en France, quand la Banque de France estime que cette croissance sera “d’au moins 5 %”. Selon François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, la croissance française sera “l’une des plus fortes d’Europe, nettement supérieure à la moyenne européenne”. Sa confiance ne vient pas de nulle part : l’activité a été meilleure que prévue fin 2020 et dans les premières semaines de l’année, donnant d’ores et déjà un “acquis de croissance pour cette année d’environ 4 %” selon Les Echos. Le gouverneur de la Banque de France poursuit en expliquant que le niveau de l’activité devrait revenir à son niveau d’avant-crise aux alentours du T2-T3 2022. 

Ces anticipations positives ne poussent cependant pas le ministère de l’Économie au relâchement. Pour Bercy, la priorité est l’accélération de la mise en place du plan de relance : sur les 100 milliards prévus, 26 ont déjà été engagés. Bercy veut également inciter les Français à dépenser l’épargne accumulée en 2020 : la poste des donations entre générations serait étudiée actuellement selon Les Echos. D’ici la sortie définitive de la crise, l’exécutif va continuer de distribuer des aides d’urgence aux entreprises. Sur les 87 milliards prévus en 2020, 77 ont effectivement été dépensés : l’activité partielle a représenté pas moins de 27,6 milliards d’euros, le Fonds de solidarité 15,7 milliards et les exonérations de charges 8,2 milliards. Pour 2021, une enveloppe de 39 milliards d’euros est prévue, et 10 milliards ont déjà été engagés. Bruno Le Maire a déjà annoncé que la sortie de ces programmes d’aides serait “progressive” une fois la crise sanitaire terminée. 

États-Unis : adoption du plan de 1 900 milliards de $ 

Ce plan de relance massif était le fer de lance de Joe Biden lors de la campagne américaine pour la présidentielle. Il a été adopté par le Congrès mercredi 10 mars. Il comprend des aides totalisant 1 900 milliards de dollars, soit 1 595 milliards d’euros. Sept mesures phares composent ce plan. 

Des chèques de 1 400 dollars seront directement envoyés aux ménages américains qui gagnent moins de 75 000 dollars par an (150 000 dollars pour les couples mariés). Cette mesure représente un coût de 400 milliards de dollars pour l’économie américaine, et complète l’envoi des chèques de 600 dollars compris dans le dernier plan de relance de l’administration Trump en décembre 2020. 

Le plan de relance a également prolongé jusqu’à début septembre le versement des allocations chômage additionnelles de 300 dollars par semaine, alors que cette mesure devait prendre fin le 14 mars. Les démocrates souhaitaient un montant de 400 dollars par semaine, mais la proposition a été abandonnée. 

Les familles plus modestes sont également prises en compte dans ce plan de relance : des crédits d’impôts plus importants leurs seront accordés. Actuellement, le crédit d’impôt lié aux enfants s’élève jusqu’à 2 000 dollars par enfant de moins de 17 ans. Le plan prévoit une hausse jusqu’à “3 600 dollars pour les enfants jusqu’à 5 ans et jusqu’à 3 000 dollars pour les enfants de 6 à 17 ans” selon Le Monde

Le plan n’oublie pas la vaccination : 15 milliards de dollars sont consacrés à la vaccination, 50 milliards pour les tests et le suivi ainsi que 10 milliards pour la production de vaccins. 

Les écoles, de la maternelle au lycée, vont bénéficier d’une enveloppe de 126 milliards de dollars et 39 milliards seront consacrés aux crèches. 40 milliards seront dévolus aux universités américaines. 

L’aide de 350 milliards destinées aux États et collectivités locales a été le point de tension entre démocrates et républicains. Ces derniers estiment que cette partie du plan est du “gaspillage”. Deux éléments semblent donner raison aux républicains : la fédération des employés du budget de l’État a calculé que les revenus ont “diminué de seulement 1,6 % au cours de l’exercice 2020” par rapport à l’année précédente, et que dix-huit États ont même vu “leurs revenus dépasser leurs prévisions malgré la crise”. 

Enfin, le plan de relance va également bénéficier à l’un des secteurs les plus touchés par la crise, celui de la restauration : 25 milliards bénéficieront à ce secteur. En revanche, “la proposition d’inclure dans la loi l’augmentation du salaire minimum à 15 dollars – contre 7,25 dollars actuellement – a été abandonnée”. 

Sources : 

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. 

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