Actualité 11.09.20

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

L’activité économique française à 95 % de son niveau d’avant-crise

Bien que les perspectives pour l’année 2020 demeurent incertaines, l’Insee a indiqué ainsi que “l’économie française aurait fonctionné en août à environ 95 % de son niveau d’avant-crise” au cours du mois d’août, alors qu’elle fonctionnait à 70 % en moyenne lors du confinement, et à 93 % au mois de juillet. L’amélioration est donc sensible en France. L’Insee prévoit ainsi un recul du PIB limité à 9 % en 2020, contre 11 % selon les prévisions du gouvernement publiées en juin.

L’Insee prêche néanmoins la prudence, car ce rebond de l’activité est “mécanique”. L’exemple le plus parlant est celui de la consommation des ménages en biens. Grâce aux nombreuses mesures mises en place pour préserver les revenus des ménages, ces derniers ont pu épargner durant la période du confinement, et ont utilisé cette épargne pour consommer dès le mois de juin. Ce dernier fut le témoin d’une consommation supérieure à celle du début d’année. Cette reprise de la consommation n’entraîne cependant pas une hausse de l’activité homogène. Certains secteurs, notamment l’aéronautique devrait connaître un recul de 12 % de son activité en 2020, alors que d’autres, comme l’agriculture, l’eau ou l’énergie devraient voir leur activité revenir à la normale à la fin de l’année.

Selon Julien Pouget, chef du département de la conjoncture à l’Insee, “le plus dur reste à faire : les secteurs les plus affectés par la pandémie sont encore loin d’être revenus à une activité normale et vont probablement encore perdre des emplois d’ici à la fin de l’année”. L’Institut table ainsi sur un taux de chômage à 9,5 % à la fin de l’année, et sur un niveau d’activité économique 2 à 6 % inférieur à son niveau d’avant-crise fin 2020.

+ 3,8 % pour la production industrielle française en juillet

Toujours selon les chiffres de l’Insee, la production industrielle française repart à la hausse au mois de juillet, avec une hausse calculée à 3,8 %. Ce chiffre, bien qu’encourageant, ne doit pas faire oublier que l’activité industrielle reste en deçà de 7,1 % de son niveau d’avant-crise.

Dans le détail, les hausses concernent le secteur manufacturier (+ 4,5 %), les biens d’équipement (+ 8,6 %), les matériels de transport (+ 8,1 %) et les industries agroalimentaires (+ 2,3 %). En revanche, les activités de raffinage sont en baisse de 6,9 %. L’activité “est restée stable dans les industries extractives, l’énergie et l’eau”. De nombreuses branches industrielles restent encore à un niveau plus faible qu’au début de la crise : la métallurgie, la chimie et les transports notamment. L’éclaircie vient de l’industrie pharmaceutique, dont l’activité dépasse son niveau d’avant-crise (+ 2,5 %).

Chômage partiel : Le niveau de reste à charge pour les entreprises maintenu à 15 %

Le gouvernement va allonger son dispositif d’aide au chômage partiel de longue durée, jusqu’à l’été 2021, tout en maintenant le même niveau de prise en charge de l’indemnité versée aux salariés, à 85 % au lieu des 80 % précédemment envisagés. Le reste à charge pour l’entreprise reste donc fixé à 15 %. Pour rappel, ce dispositif permet une réduction d’activité de l’ordre de 40 %, sur une durée de 6 à 24 mois. Pendant ce laps de temps, le salarié continue de percevoir 84 % de son salaire net, jusqu’à 4,5 Smic.

Le ministère des solidarités et de la santé, a également annoncé que de nouvelles dispositions seront prises pour aider les salariés du secteur privé qui doivent garder leurs enfants en cas de fermeture de leur école, et qui n’ont pas la possibilité de télétravailler. Ils pourront “bénéficier d’un revenu de remplacement dès le premier jour de leur arrêt de travail et au plus tard jusqu’à la fin de la période d’isolement”. Le ministère a prévu trois cas précis :

  • Les salariés du secteur privé seront placés en situation d’activité partielle (rémunérée à hauteur de 84 % du salaire net jusqu’au 1er novembre, puis à un taux dégressif),
  • Les travailleurs indépendants et les contractuels de droit public bénéficieront d’indemnités journalières,
  • Les fonctionnaires seront placés en autorisation spéciale d’absence (ASA).

Ces mesures interviennent alors que l’épidémie est repartie à la hausse en France : plus de 344 000 cas sont confirmés dans l’hexagone et en outre-mer, avec plus de 640 clusters comptabilisés. Le gouvernement n’envisage cependant pas de mettre à nouveau l’économie entre parenthèse. Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement a ainsi déclaré que “mettre la France sur pause parce qu’il y a l’épidémie empêcherait les Français de se projeter dans l’avenir et arrêter les réformes serait une erreur pour la capacité du pays à redémarrer”.

Sources :

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