Actualité 10.09.21

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

La croissance française devrait atteindre 6,25 % en 2021  

En France, la couverture vaccinale a permis d’éviter une quatrième vague potentiellement incontrôlable, et cela se ressent sur l’activité économique française : “la hausse de l’activité au deuxième trimestre a atteint 2,2 % au lieu de 2 %” selon Eurostat. Au sortir de l’été, la France est plutôt en bonne santé économique ! En juillet et août, l’activité se trouve à “un niveau très proche de l’avant crise, compris entre − 1 % et − 0,5 % par rapport au quatrième trimestre 2019”, selon la note de conjoncture publiée par l’Insee, mardi 7 septembre. Dans cette même note, l’Insee estime qu’un niveau de croissance de 6,25 % est envisageable en 2021 dans l’hexagone, soit 0,25 point de plus que les prévisions faites par le ministère de l’économie. La “croissance restera soutenue aux troisième (+ 2,7 % par rapport aux trois mois précédents) et quatrième trimestres (+ 0,5 %)” ajoute Le Monde

En dépit de l’instauration du pass sanitaire, la consommation des ménages n’a pas sombré : à la fin août, “la consommation des ménages était en retrait de 1,5 % par rapport à son niveau d’avant crise”. Les loisirs, les cafés, les hôtels et les transports ont bénéficié d’un sursaut bienvenu de consommation en juillet-août, tandis que les restaurants ont davantage accusé le coup : les dépenses y ont reculé de 10 %. Selon l’Insee, transport aérien et achat de véhicules mis à part, la consommation devrait rebondir en 2021 et porter la croissance. 

La dernière inquiétude concerne les entreprises, plus ou moins touchées par la crise sanitaire selon leurs secteurs d’activité. Elles apparaissent aujourd’hui plutôt en forme explique Le Monde : leur niveau d’activité est “en retrait de 2,7 % seulement en moyenne par rapport à leur niveau prépandémie”. Elles investissent et embauchent plus que prévu : les investissements sont revenus depuis le T1 2021 à leur niveau de 2019 et l’emploi salarié est revenu à son niveau d’avant crise dès la fin du T1 2021. Finalement, la véritable inquiétude concernant les entreprises est la tension sur les approvisionnements en matières premières : leurs prix ont augmenté et cela pourrait se faire ressentir sur les prix de production et in fine, sur l’inflation. 

France : le déficit mesuré à 6,6 milliards d’€ en juillet 

Si la situation économique française est plutôt positive, sa balance commerciale l’est moins : elle s’est encore creusée en juillet à 6,6 milliards d’euros. Au cumulé, le déficit français atteint 68 milliards d’euros selon les chiffres des Douanes. “La croissance des importations, qui dépasse celle des exportations depuis le début de l’année, est tout de même sensiblement plus faible sur les derniers mois”, précisent les Douanes. 

A la fin du premier semestre, le déficit commercial s’établissait à 34,8 milliards d’euros (240,2 milliards d’euros d’exportations et 275 milliards d’importations). Au mois de juillet, les exportations progressaient légèrement et “atteignent 96 % de leur niveau moyen de 2019”, détaillent les Douanes, tandis que “les importations retrouvaient leur niveau moyen de cette même année”. Il faut tout de même apporter de la nuance en précisant que ce retour à la normale des importations est en partie dû à la hausse des prix à l’import des matières premières. Une hausse qui ne devrait pas ralentir dans les mois à venir en raison d’une demande très forte, justifiée par la reprise économique de nombreux pays, par exemple la Chine. 

Dans le détail, le déficit énergétique est moins important qu’avant la crise sanitaire (3 milliards contre 3,7). “Concernant les biens d’investissements, le déficit est de 2,7 milliards d’euros, bien supérieur à avant la crise sanitaire. Le déficit des biens intermédiaires atteint pour sa part 2 milliards d’euros, évoluant depuis cinq mois à un niveau historiquement haut”, détaillent les Douanes. C’est essentiellement la balance des paiements qui a creusé le déficit au mois de juillet : “le déficit des transactions courantes est ressorti à 3,5 milliards d’euros en juillet après 0,9 milliard” en juin. 

La BCE maintient ses taux directeurs inchangés 

Les marchés ont tremblé jusqu’à l’annonce de la Banque centrale européenne (BCE), tombée jeudi 9 septembre en début de journée. La BCE a pris la décision de réduire légèrement ses achats dans le cadre de son programme d’achats “urgence pandémie” (PEPP) de 1 850 milliards d’euros. Cependant, elle a pris la décision de conserver ses taux directeurs au même niveau : “le taux de la facilité de dépôt reste fixé à – 0,5 %, le taux de refinancement à 0 % et le taux de la facilité de prêt marginal à 0,25 %”. Que ce soient les partisans de l’orthodoxie monétaire (Néerlandais, Allemands et Autrichiens) ou ceux qui souhaitaient une poursuite du soutien monétaire, ils étaient tous en faveur d’une réduction du programme de rachat d’actifs, à des niveaux néanmoins différents. 

L’heure a-t-elle sonnée pour les politiques monétaires accommodantes ? Si l’on en croit les chiffres, oui : 3 % d’inflation en zone euro, 5 % aux États-Unis, la croissance qui remonte : tous les signaux sont au vert. La BCE n’est d’ailleurs pas la première banque centrale à entamer la fermeture des vannes de liquidités : la Banque du Canada et la Banque de la réserve australienne ont fait de même tandis que la Banque de Corée du Sud a remonté ses taux directeurs. 

En Europe, il n’est pas question de “tapering” (c’est-à-dire de réduire progressivement la politique d’assouplissement monétaire, ou quantitative easing), mais les achats du PEPP vont donc être réduits. A l’heure actuelle, ils s’élèvent à 80 milliards d’euros par mois en moyenne. Le programme est pour l’instant prévu pour durer jusqu’en mars 2022. “Il ne restera plus, à cette date, que le programme d’achat classique (APP), qui dispose actuellement d’une enveloppe de 20 milliards d’euros” expliquent Les Echos. La fin du PEPP devrait entrainer une hausse des taux longs en Europe, à laquelle les investisseurs commencent à se préparer. 

Sources : 

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. 

Partager l'article

Autres articles

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies et autres traceurs qui nous permettent de mesurer l’audience du site.

Vous pouvez vous opposer à l’utilisation de ces Cookies en cliquant ici.

OK En savoir plus