Actualité 10.07.20

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

L’activité économique de la France meilleure que prévue en juin  

Une bonne nouvelle en provenance du front économique : alors que la Banque de France anticipait un recul de l’activité économique de 12 % au sein de l’Hexagone, cette dernière a reculé de 9 %. Ces résultats, meilleurs qu’escomptés permettent à la banque centrale de revoir ses prévisions concernant la croissance au second semestre. Une chute de 15 % était attendue, elle devrait finalement être de 14 %. L’Insee ne fait pas les mêmes prévisions, et s’attend à un chiffre plus mauvais : – 17 % entre avril et juin. 

La Banque de France justifie cette amélioration de ses prévisions de plusieurs manières. Premièrement, la consommation est “repartie fortement” : en mai, les ménages ont dépensé 36 % de plus pour les biens (par rapport au mois d’avril). Afin de répondre à ce surplus de demande, la production est également repartie : dans les secteurs de l’automobile, du matériel de transport et de la fabrication de machines, “la production enregistre une nouvelle hausse au mois de juin plus forte que celle anticipée un mois plus tôt” selon les économistes de la Banque de France, qui ajoutent également que cette hausse ne compense pas le “déficit des trois derniers mois”.  

Si le secteur des biens semble aller mieux, l’état des services est plus mitigé. Les services informatiques ont retrouvé un niveau d’activité proche de la normale. En revanche, les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration connaissent un niveau d’activité “très en dessous de la normale”. Le mois de juillet devrait confirmer cette amélioration sur le front de l’activité économique, mais à un rythme moins soutenu : le niveau d’activité devrait être de 7 % inférieur à la normale, une amélioration de 2 points par rapport à juin. 

Royaume-Uni : annonce d’un plan de relance de 33 milliards d’€  

Les mesures de confinement ont eu un impact très prononcé au Royaume-Uni, car elles ont duré plus longtemps qu’en Allemagne ou qu’en France. Une récession de l’ordre de – 10 % est attendue, soit l’une des plus fortes d’Europe, avec l’Italie notamment. Afin de soutenir l’économie, Rishi Sunak, le chancelier de l’Échiquier britannique a présenté un vaste plan de relance, de 33 milliards d’euros, avec pour premier objectif de “maintenir l’emploi”. 

Bien que les mesures de chômage partiel vont s’achever le gouvernement britannique va offrir “une prime de 1 000 livres par employé qu’elles reprennent” avant fin janvier 2021, pour un coût total estimé à 10 milliards d’euros, presque un tiers du montant total engagé par le gouvernement. Le chancelier reconnaît néanmoins que tous les emplois ne pourront être protégés, ce qui allégerait le coût de la mesure. Le seconde mesure visant à soutenir l’emploi concerne les jeunes : “une prime de 2 000 livres pour chaque place d’apprenti de moins de 25 ans que les entreprises créeront” sera mise en place. Enfin, les aides aux chômeurs de longue durée vont être renforcées. 

Le plan ne se limite pas à la question de l’emploi. Une réduction de la TVA sur les secteurs de de “l’hospitalité et du tourisme” va être mise en œuvre (de 20 % à 5 %) jusqu’à mi-janvier, l’impôt sur les transactions immobilières va être annulé pour les biens d’une valeur inférieure à 500 000 livres, et des aides à l’isolation des logements sera accordée aux ménages britanniques.  

La Commission estime les besoins entre 180 et 470 milliards d’€ d’ici à 2050 

Sur la question de l’environnement, l’Union européenne s’est fixé un objectif ambitieux : la neutralité carbone d’ici à 2050 au plus tard. Afin d’arriver à cet objectif, il est nécessaire selon Bruxelles d’investir massivement dans l’hydrogène. L’avantage de cet atome est qu’il ne dégage absolument pas de dioxyde de carbone lorsqu’il est utilisé. Un avantage environnemental certain, à condition qu’il soit “produit dans des conditions écologiquement satisfaisantes”. 

Selon la feuille de route de la Commission européenne, la part de l’hydrogène doit atteindre 12 à 14 % du mix énergétique en 2050. Afin d’arriver à ce chiffre, l’investissement nécessaire est évalué entre 180 et 470 milliards d’euros. Thierry Breton, le commissaire européen en charge du Marché intérieur souhaite enclencher une “dynamique industrielle”. C’est dans ce but qu’une “alliance de l’hydrogène” a été créée mercredi 8 juillet : elle rassemble des industriels, des États membres de l’UE et des représentants de la société civile, avec comme objectif de “réindustrialiser l’Europe tout en respectant l’impératif climatique”.  

Si 14 États membres possèdent une stratégie hydrogène, Bruxelles souhaite que davantage y prennent part. Un relâchement des contraintes qui encadrent les aides d’État est envisagé (à l’instar de ce qui a été fait pour le cartel des batteries lancé en mai. Le président de l’Association Française pour l’Hydrogène et les Piles à Combustible (l’Afhypac), Philippe Boucly demande à la France de mettre en œuvre un “plan ambitieux et d’y mettre les moyens correspondants”. Pour rappel, le plan Allemand est doté de 9 milliards d’euros, contre 100 millions actuellement en France. 

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. 

Sources :  

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