Actualité 09.10.20

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

Rebond du PIB Français au troisième trimestre : + 16 %  

L’économie française se dirige-t-elle vers une stabilisation ? C’est ce qui semble ressortir des chiffres publiés par la Banque de France jeudi 8 octobre. Le second trimestre a été compliqué pour le PIB de la France, qui a reculé de 13,8 %. Le troisième trimestre devrait effacer ce recul, car un rebond du PIB de 16 % est attendu par les économistes de la Banque de France.  

Ce rebond, très important, ne doit pas faire oublier que la situation des entreprises demeure tendue dans l’hexagone. Leurs perspectives “suggèrent une stabilisation de l’activité en octobre”. Or, le mois de septembre a été marqué lui aussi par une stabilisation de l’activité “dans l’industrie comme dans les services et le bâtiment”, ce qui semble indiquer que la reprise économique n’est pas encore arrivée. Si certains secteurs ont pratiquement retrouvé une activité “normale” (industrie pharmaceutique, agroalimentaire, télécommunication et services aux personnes), d’autres demeurent très affectés par la crise économico-sanitaire, notamment l’hébergement-restauration, les activités de spectacle et les matériels de transport. La Banque de France précise que pour ces secteurs en difficulté, “les indicateurs de l’enquête relatifs aux perspectives d’activité et à la demande restent très dégradés”. 

Et si l’opinion des chefs d’entreprise sur leur trésorerie s’est améliorée, l’ensemble des secteurs qui composent le tissu économique français “continuent d’exprimer des incertitudes sur la vitesse de la reprise au cours des prochains mois”. Les niveaux faibles des carnets de commande, et par conséquent la diminution de l’utilisation des moyens de production joue pour beaucoup dans cette inquiétude. 

Le recul du commerce international limité à 9,6 % en 2020  

C’est Robert Koopman, l’économiste en chef de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui a annoncé la nouvelle mardi 7 octobre : “les chaînes de valeurs internationales et le commerce mondial se sont révélés résistants”. Il a également dévoilé ses prévisions concernant le volume du commerce international en 2020 : les échanges devraient reculer de 9,6 % cette année, alors qu’un recul plus important était attendu (-12,9 %) en avril, lorsque la pandémie était à son niveau le plus critique. Si ce repli de 9,6 % est comparable à celui connu lors de la crise financière de 2008, “le repli des échanges de marchandises serait deux fois supérieur au recul du PIB mondial” en 2020, et non pas six fois comme en 2008.  

Les chiffres du second trimestre varient cependant selon les régions et les secteurs économiques. Si l’Europe (- 11,7 %) et l’Amérique du Nord (- 14,7 %) seront les régions les plus affectées, l’Asie (-4,5 %) devrait mieux s’en sortir. Concernant les secteurs, c’est l’automobile (- 50 %) qui souffre le plus de la crise, tandis que le luxe enregistre un repli de 40 %. Les produits pharmaceutiques s’en sortent bien mieux, et affichent une croissance à 10 % au second trimestre, comme le textile. L’autre secteur à tirer son épingle du jeu est celui des produits électroniques : le passage d’un grand nombre de salariés en télétravail a conduit de nombreuses entreprises à moderniser leurs équipements numériques, dopant le secteur. 

L’OMC a également affiné ses prévisions pour 2021. L’organisation attend une croissance du commerce international de 7,2 %, ce qui serait inférieur aux années précédant la pandémie. Optimiste, cette prévision reste sujette “à l’absence d’une deuxième vague pandémique et de nouvelles mesures de confinement”. Selon le directeur général adjoint de l’OMC Yi Xiaozhun, “de pires résultats sont encore possibles s’il y a une forte résurgence de la crise de Covid-19 dans les mois à venir”. 

Le risque d’un « no-deal Brexit » le 31 décembre est réel 

Le 31 janvier dernier, le Royaume-Uni quittait officiellement l’Union européenne, dont il continue néanmoins d’appliquer les règles jusqu’au 31 décembre 2020 : c’est la période de transition pendant laquelle Bruxelles et Londres négocient leur relation future, notamment dans le domaine du commerce. L’Union européenne presse le Royaume-Uni de “clarifier ses intentions”, alors que ce dernier souhaite parvenir à un accord avant la “mi-octobre”, tout en se disant prêt à un échec des négociations. Un no-deal Brexit pourrait aggraver la situation économique de nombreux pays européens, déjà fragilisé par la pandémie. En effet, une absence d’accord conduirait à l’application des règles de l’OMC, et à l’instauration de ses droits de douane élevées. 

Charles Michel, président du Conseil européen, a déclaré dans un tweet que “l‘UE préfère un accord, mais pas à n’importe quel prix”. L’UE déplore que Londres laisse “planer le spectre” d’une sortie sans accord. La situation actuelle est très tendue : après 9 rounds de négociations, les trois sujets les plus critiques ne sont toujours réglés : la pêche, la concurrence équitable et la gouvernance de l’accord. 

Les négociations vont reprendre dès lundi 12 octobre, et Londres se dit prête à travailler “de manière constructive” avec Bruxelles. Le négociateur britannique David Frost a cependant jeté un froid en déclarant que les deux parties sont “éloignées” d’un compromis, car “d’importants différents” demeurent. Un projet de loi britannique a par ailleurs récemment remis en question plusieurs des engagements de Londres vis-à-vis de l’Irlande du Nord, ce qui pourrait rendre plus difficiles les négociations. 

Sources : 

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