Actualité 09.07.21

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

La croissance en zone euro devrait atteindre 4,8 % en 2021  

En mars dernier, la Commission européenne envisageait une croissance de 4,2 % dans la zone euro et dans l’Union européenne pour 2021. Elle a depuis revu ses prévisions à la hausse, notamment en raison de l’adoption du plan de relance par les 27 pays membres de l’UE. Désormais la Commission table sur une croissance de 4,8 % en 2021 et de 4,5 % en 2022. Elle estime que le plan de relance contribuera pour 1,2 point de la croissance attendue en 2022. Le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis a ainsi déclaré “Notre économie fait un retour en force, avec toutes les pièces du puzzle qui se remettent en place”. Parmi les points qui donnent de l’espoir à la Commission européenne se trouvent “les progrès de la vaccination, le lancement en cours du plan de relance européen, la bonne résistance du marché de l’immobilier, la reprise plus rapide que prévu du tourisme et de l’activité dans les services, ou encore la hausse de la confiance des consommateurs” notent Les Echos. Enfin, la reprise économique qui s’opère chez les partenaires commerciaux de l’UE permettent d’anticiper un rebond des exportations. Au final, la Commission estime que l’UE pourrait retrouver un niveau de PIB semblable à celui d’avant crise dès le T4 2021 au lieu du T1 2022. 

Quels pays de l’UE s’en sortiraient le mieux en 2021 ? L’Espagne serait bien placée avec un niveau de croissance de 6,2 %, l’Italie atteindrait 5 % et l’Allemagne 3,6 %. La France fait partie des pays qui afficheraient l’un des plus hauts taux de croissance en 2021, avec 6 % (puis 4,2 % en 2022). La palme de la croissance reviendrait à l’Irlande, seul pays de l’UE à ne pas avoir connu de récession en 2020 : 7,2 % en 2021. Le retour de la croissance devrait néanmoins s’accompagner d’une hausse de l’inflation : la Commission estime que la hausse des prix atteindra 2,2 % dans l’UE cette année (soit plus que l’objectif fixé par la BCE) et 1,9 % dans la zone euro. 

Demeure une inquiétude : la potentielle quatrième vague épidémique. Le variant Delta progresse dans de nombreux pays et il n’est pas impossible de voir émerger de nouveaux variants durant l’été. Le commissaire à l’Economie, Paolo Gentiloni réclame donc de la prudence : “Pour maintenir la reprise sur les rails, il est essentiel de conserver les politiques de soutien à l’économie aussi longtemps que nécessaire et de redoubler l’effort de vaccination”. 

France : le pouvoir d’achat devrait augmenter de 1,8 % en 2021  

Ce qui s’est passé en France en 2020 est étonnant à plus d’un titre : alors que le PIB plongeait de 8 %, le pouvoir d’achat des Français a progressé de 0,4 % ! Pour Les Echos il ne fait aucun doute que “les mesures de soutien massives mises en place par l’Etat – instauration du dispositif de chômage partiel, aides ciblées, revalorisation exceptionnelle de certaines allocations, etc. – ont permis de préserver les revenus” des consommateurs. L’année 2021 devrait être encore plus belle pour les revenus des ménages : leur pouvoir d’achat devrait progresser de 1,8 % selon l’Insee, en dépit de l’inflation qui devrait atteindre 1,5 % cette année. Olivier Simon, chef de la division synthèse conjoncturelle de l’Insee explique que “la reprise de l’activité va permettre aux ménages de retrouver les revenus tirés de leur emploi”. Ces fameux “revenus d’activité” vont progresser de 6,1 % en 2021 après un recul de 3,7 % en 2020. 

Puisque les revenus des ménages ont été préservés en 2020 grâce au soutien de l’État, ils ont pu épargner bien plus que d’ordinaire. Cette épargne va jouer un rôle-clé dans la reprise de la consommation, qui devrait rebondir de 5,2 % cette année, toujours selon l’Insee (en 2020, la consommation a chuté de 7,2 %). Philippe Waechter, Chef économiste chez Ostrum Asset Management note que “Les ménages français, dans l’enquête de juin de l’Insee, n’anticipent plus une montée du chômage dans les prochains mois. Cela va se traduire par un rééquilibrage de la répartition du revenu entre consommation et épargne”. 

Le déficit commercial français dépasse 6,5 milliards d’euros en mai 

Le déficit commercial de la France continue de se creuser, mois après mois. En cause, les importations en énergie qui n’ont cessé d’augmenter à 2,9 milliards d’euros en mai 2021. Au total, le déficit atteint 6,6 milliards d’euros “et se rapproche de son niveau historique de juin et juillet 2020 (-7,3 milliards d’euros), ont annoncé mercredi les Douanes” explique Le Figaro. Néanmoins, le déficit énergétique s’est réduit depuis 2019 (il atteignait alors 3,7 milliards d’euros en moyenne). Ce creusement du déficit possède une seconde explication : alors que les exportations progressaient tout au long de l’année 2020, elles ont ralenti depuis le début de l’année 2021. En mai, elles progressent de 0,1 milliard d’euros, à 94 % de leur niveau moyen en 2019. Quant aux importations, elles augmentent de 0,2 milliard d’euros, soit moins qu’en avril, où les Douanes observaient une hausse de 0,7 milliard. Elles atteignent ainsi 98 % de leur niveau de 2019. 

Dans le détail, le déficit des biens intermédiaires progresse pour atteindre un niveau record de 2,1 milliards d’euros. Les importations de ces biens sont évaluées à 13,5 milliards d’euros par les Douanes tandis que les exportations sont toujours inférieures à leur niveau d’avant crise. La balance des paiements est également déficitaire : le déficit atteint 2,3 milliards d’euros selon la Banque de France. “L’excédent des services diminue en effet de 0,8 milliard d’euros, pour s’établir à 1,6 milliard d’euros en mai. Il avait déjà fondu ces derniers mois, notamment à cause de l’impact de la pandémie de Covid-19 sur le tourisme” détaille Le Figaro

Il y a tout de même de bonnes nouvelles : le solde des biens de consommation ne se dégrade plus car les importations stagnent quand les exportations progressent légèrement. Enfin, le solde des biens s’améliore quelque peu grâce à une “réduction du déficit des biens hors énergie de 0,2 milliard d’euros”, note la Banque de France. 

Sources : 

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