Actualité 09.04.21

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

France : les prévisions de croissance ramenées à 5 % en 2021  

Au début du mois de mars, le Gouvernement estimait qu’une croissance de 6 % était atteignable en 2021. Mais depuis, de nouvelles mesures sanitaires sont entrées en vigueur, et poussent le Gouvernement à revoir à la baisse ses prévisions. Désormais, l’objectif est fixé à 5 % a déclaré le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, qui précise que cette “estimation est à la fois sincère et prudente”. La Banque de France se montre plus optimiste que Bercy : son gouverneur François Villeroy de Galhau a déclaré jeudi 8 avril qu’il maintenait ses prévisions de croissance à 5,5 %, à condition que les mesures sanitaires ne se prolongent pas “au-delà de début mai”. 

L’abaissement des prévisions de croissance a un impact direct sur les comptes publics : il va entraîner une “dégradation du déficit” selon Les Echos. Le déficit devrait ainsi atteindre – 9 % en 2021 au lieu de – 8,5 % comme prévu depuis décembre 2020. De plus, la dette publique devrait finalement atteindre 118 % du PIB, au lieu de 115 %. Cela signifie-t-il que l’État va revoir à la baisse les aides publiques aux entreprises ? Non assure le ministre de l’Économie : la politique de soutien sera maintenue “tant que la crise sanitaire durera”. Et lorsque la crise s’achèvera, “nous ferons les choses progressivement, pour ne brutaliser personne” précise Bruno Le Maire. Le ministre veut éviter une hausse brutale des défaillances d’entreprises, et pour cela, les aides seront maintenues “dans les secteurs qui resteront durablement touchés”, notamment l’aéronautique. Pour rappel, ces aides vont atteindre 11 milliards d’euros au seul mois d’avril. 

Le PIB mondial devrait croître de 6 % en 2021  

Mardi 6 avril, le Fonds Monétaire International a dévoilé ses prévisions de croissance mondiale pour 2021. Elles sont revues à la hausse : le FMI envisageait en janvier une croissance de 5,5 %, elle devrait finalement atteindre 6 %. Gita Gopinath, l’économiste en chef du FMI, explique néanmoins que cette reprise sera inégale selon les régions du monde : les pays les plus avancés sortiront bien plus vite de la crise que les autres pays. En cause, les plans de soutien colossaux engagés par les États-Unis, la Chine ou la France. “Après la Chine, qui a retrouvé son niveau de PIB d’avant-crise, les États-Unis devraient voir, à leur tour, le bout du tunnel en 2021, avec une croissance à 6,4 %” précise Le Monde. Le déploiement des campagnes de vaccination joue également en faveur des pays les plus avancés : puisqu’elles sont plus avancées dans les pays les plus développés, l’économie pourra revenir à un niveau normal plus rapidement. Le FMI précise d’ailleurs que l’accès aux vaccins est “profondément injuste” : les pays à hauts revenus ont précommandé la moitié des doses. 

Les campagnes de vaccination et les plans de relance n’expliquent pas à eux seuls les trajectoires différentes des courbes de croissance : les “différences dans les spécialisations sectorielles” jouent pour beaucoup. Par exemple, les îles du Pacifique, qui dépendent beaucoup du tourisme devraient enregistrer en 2024 un niveau de PIB 10 % inférieur à ce qui était prévu avant la crise sanitaire. Le PIB de l’Afrique Subsaharienne n’atteindra que 3,4 % en 2020, contre 4,4 % en zone euro. 

Les inégalités économiques ne frappent pas que les pays moins développés : au sein même des plus grandes puissances économiques, les inégalités se creusent. “Les femmes, les jeunes et les employés les moins qualifiés” sont ainsi plus touchés que les autres explique Le Monde. Les fermetures massives d’écoles pourraient également avoir des conséquences à long terme : la baisse des revenus et l’exclusion du marché du travail en sont deux. C’est pour cela que le FMI plaide en faveur de mesures de soutien ciblées : “une meilleure attention doit être portée à la formation et à la reconversion des travailleurs, couplée à une aide financière pour les aider dans cette transition”. 

Le déficit commercial français s’établit à 4,8 milliards d’€ en février 

C’est une mauvaise nouvelle pour le commerce français : le déficit commercial s’est creusé en février ont annoncé les Douanes. Il atteint désormais 4,8 milliards d’euros. En cause, une hausse des importations énergétiques. Les Douanes expliquent que “hors énergie, le déficit est relativement stable en raison de l’atonie globale des échanges”, et ajoutent qu’il s’agit d’une première hausse du déficit commercial après des mois de baisse ininterrompue. Le déficit énergétique était d’ailleurs stable depuis avril 2020 (à 2 milliards d’euros), mais s’est creusé de 600 millions d’euros en février 2021. 

Les exportations, qui étaient en hausse depuis juin 2020 ont en revanche ralenti leur progression : en février, les exportations sont “quasiment stables et atteignent 93% de leur niveau moyen de 2019” selon Le Figaro. La mise en place du Brexit au 31 décembre 2020 a également perturbé les exportations outre-Manche : elles n’ont pas retrouvé leur niveau antérieur, et “correspondent à 84% de leur niveau mensuel moyen au second semestre 2020”. 

Enfin, la balance des paiements qui inclut les échanges de services, se creuse également : son déficit “atteint 2,6 milliards d’euros, après 2 milliards en janvier”, selon la Banque de France. Cette dégradation de la balance des paiements résulte “à la fois de celle du déficit des échanges de biens, mais aussi de la réduction de l’excédent des échanges de services” (qui se situe à 1 milliard d’euros contre 1,2 milliard en janvier) explique Le Figaro. La fonte de cet excédent est en grande partie imputable à la chute du secteur du tourisme mondial, qui affecte beaucoup la France : en 2020, les recettes issues du tourisme international ont reculé de 28,4 milliards d’euros. 

Sources : 

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