Actualité 04.09.20

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

La France au 12ème rang du classement mondial de l’innovation 

Calculé tous les ans par la Grande École de management INSEAD, l’Université Cornell aux Etats-Unis et l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle, l’indice international GII place la France au 12ème rang en 2020 des pays les plus innovants du monde. Afin de calculer cet indice, les organismes prennent en compte 80 indicateurs, dans 130 pays du monde entier. A la douzième place, la France progresse ainsi de 4 points par rapport à l’année dernière, et dépasse ainsi la Chine. 

Bruno Levin, responsable du projet à l’INSEAD, explique ce classement par une “[facilité] de créer une start-up en France et de trouver des financements”. En effet, notre pays a, selon lui, tiré profits d’atouts reconnus, comme la qualité de l’éducation. Pouvoir créer des start-ups de façon plus aisée que dans certains pays voisins, amène les entrepreneurs à lancer plus facilement leur projet innovant, ce qui explique ces résultats. Paradoxalement, selon Bruno Levin, si la France ne monte pas plus dans le classement, c’est à cause du “coût de tout ce qui est lié à l’embauche et au licenciement”, qui est “très élevé”. En effet, la France aurait plus de “contraintes sociales” que les pays occupant une meilleure place. Cette raison justifierait alors le 8ème rang occupé par la France au classement européen. Ainsi, devant elle, se trouvent la Suisse, championne mondiale de l’innovation, le Royaume-Uni à la 4ème place, et l’Allemagne qui occupe le 8ème rang. En dehors des frontières européennes, les Etats-Unis se trouvent 3ème et la Chine 14ème

L’innovation n’est pas le seul secteur dans lequel la France s’est améliorée cette année. Sa place dans le classement international des universités et écoles a également progressé, tout comme le nombre de publications dans les grandes revues internationales. Cela conduira à une “plus grande visibilité mondiale” de notre pays, selon Bruno Levin. 

Plan de relance : 30 milliards d’€ pour la transition écologique 

Alors que le Premier ministre Jean Castex a dévoilé le contenu du plan de relance, les Français ont pu découvrir que l’écologie en occupait une grande partie. Avec une enveloppe de 30 milliards d’euros de financement sur deux ans dédiés à la transition écologique, le “pilier vert” du projet devient la grande priorité du gouvernement. 

Dans ce contexte d’urgence climatique, le gouvernement souhaite s’aligner avec ses objectifs en termes d’écologie mais surtout “agir vite” : les premiers financements seront disponibles dès le 1er janvier 2021. Ces premiers projets concernent les transports et la rénovation thermique. Avec 11 milliards d’euros accordés aux transports, la priorité porte sur la relance du ferroviaire et la mobilité du quotidien (vélos et transports collectifs notamment). Du côté de la rénovation thermique, qui se voit accorder 7 milliards d’euros, une grande partie du budget sera confiée aux collectivités locales pour la mise en conformité des bâtiments dont ils sont responsables. L’Etat a également inclus une enveloppe de 2 milliards d’euros qui seront réservés à “MaPrimeRénov”, pour la rénovation des logements privés. Le secteur de l’industrie est également prioritaire dans ce plan de relance. Le gouvernement a annoncé que 9 milliards d’euros seront réservés à la décarbonisation des activités, en plus du soutien à l’innovation, et à l’émergence de filières énergétiques propres. 

Dans un dernier temps, l’État a annoncé une aide de 1,2 milliards d’euros au secteur agricole. Au programme : plan protéine, conversion au bio, renouvellement des équipements agricoles et reconstitution de haies. A ce budget s’ajoute 1,3 milliards d’euros pour la défense de la biodiversité, afin de lutter contre l’artificialisation des sols et l’amélioration de la qualité de la ressource en eau. Avec un tel budget alloué à la transition écologique, le gouvernement souhaite atteindre son objectif de neutralité carbone d’ici 2050, et inscrire la protection de l’environnement comme une priorité dans la relance économique. 

La France va investir 2 milliards d’€ dans l’hydrogène 

En juin dernier, l’Allemagne annonçait un vaste plan d’investissement dans l’économie de l’hydrogène : 9 milliards d’euros sur 10 ans, tandis que l’investissement français se limitait alors à 100 millions d’euros. Les choses semblent avoir changé : jeudi 3 septembre, lors de la présentation du plan de relance de 100 milliards, le Premier ministre Jean Castex a annoncé que 2 milliards d’euros seraient investis dans cette énergie dans les deux prochaines années. Le gouvernement pourrait également annoncer prochainement un nouveau plan, de 7 milliards d’euros sur 10 ans cette fois-ci.  

Le plan annoncé ce jeudi aura pour but de soutenir la production “d’hydrogène décarboné”, car il est actuellement produit majoritairement à partir d’énergie fossiles. Or, on peut en produire avec de l’électricité via les “parcs éoliens ou solaires”, ce qui en fait une énergie verte. A l’instar de ce qui se fait pour les autres énergies renouvelables, un “prix de rachat garanti pour l’hydrogène produit” sera mis en place pour soutenir la production, car “la production d’hydrogène est aujourd’hui peu compétitive, en comparaison du pétrole ou du gaz”. En investissant dans l’hydrogène, le gouvernement poursuit plusieurs objectifs : décarboner l’industrie, remplacer petit à petit le pétrole dans le transport routier, voire même maritime et aérien. 

Les associations environnementales restent néanmoins sur le qui-vive : l’hydrogène peut en effet être produit à partir d’électricité nucléaire : il est alors considéré comme décarboné mais pas vert, et c’est la solution privilégiée par le gouvernement. De plus, plusieurs acteurs du secteur de la production d’hydrogène plaident en faveur de l’utilisation d’énergies fossiles pour produire de l’hydrogène. 

Sources :  

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle.

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