Actualité 04.06.21

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

France : vers une hausse des défaillances d’entreprises en 2022 ?  

Malgré la situation économique particulièrement difficile en 2020, les défaillances d’entreprises ont considérablement reculé : – 38 % par rapport à 2019, soit environ 30 000 procédures collectives. La doctrine du “quoi qu’il en coûte” qui se concrétise par des aides massives aux entreprises explique ce net recul. Les prêts garantis par l’État (PGE) ont même permis aux entreprises de créer de la trésorerie à hauteur de 11 milliards d’euros au T1 2021. Mais ce soutien colossal de l’État arrivera bientôt à son terme. Dès lors, faut-il craindre une explosion du nombre de défaillances d’entreprises en 2021 ?  

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau se veut rassurant : “Il faut éviter d’exagérer les alarmes, même si la prudence s’impose en la matière” a-t-il déclaré au journal Les Echos. François Mouriaux, directeur des statistiques monétaires à la Banque de France complète cette analyse : “Avant crise, la situation financière des entreprises était bonne. Elles étaient à même d’absorber un choc. Au début de la pandémie, on a arrêté les compteurs avec les aides publiques. A la sortie de crise, les compteurs vont repartir avec des situations disparates selon les entreprises”. 

Les sources d’inquiétude sont néanmoins réelles, notamment pour les plus petites entreprises qui vont devoir entamer le remboursement des cotisations fiscales et sociales, ainsi que celui des PGE. 22 000 entreprises seraient ainsi en sursis, ce qui pourrait porter le nombre de défaillances au-delà de 50 000. Les secteurs les plus durement frappés par la crise sont à surveiller : l’hôtellerie, la restauration, l’événementiel ou la culture risquent d’être “particulièrement touchés” selon Les Echos. Pour rappel, ces 4 secteurs représentent 7 à 8 % du PIB de la France. 

Le déficit public pourrait atteindre 9,4 % du PIB  

La doctrine du “quoi qu’il en coûte”, présentée en 2020 par le gouvernement pour répondre à la crise a plombé les comptes publics : le déficit s’est ainsi creusé jusqu’à 9,2 % du PIB en 2020. La doctrine étant encore en place en 2021, les comptes publics vont encore se creuser. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a prévenu : “Nous attendons un déficit de 9,4 % du PIB cette année”, soit une hausse de 0,2 points du déficit public. Comment expliquer cette aggravation, lorsqu’en avril le gouvernement prévoyait un déficit à 9 % ? 

La réponse est à chercher du côté des aides de l’État, prolongées en 2021 : 7,2 milliards d’euros ont été ajoutés d’urgence au début du mois de mai et 15,5 milliards d’euros ont été débloqués dans le cadre du projet de loi de finances rectificative (PLFR). Au total, ce sont 43,1 milliards d’euros qui composent le “millésime du quoi qu’il en coûte 2021” selon Les Echos. En dépit de recettes fiscales meilleures que prévu (TVA et impôt sur le revenu), le déséquilibre des comptes de l’État devrait atteindre 220 milliards d’euros en 2021 selon Oliver Dussopt, ministre délégué en charge des Comptes publics. 

Malgré la hausse du déficit, la croissance devrait être au rendez-vous, grâce à la réouverture progressive de l’économie et à l’avancée de la campagne de vaccination. Selon Bercy, une croissance de 5 % est attendue cette année, malgré une contraction de 0,1 % du PIB au T1 2021. Bercy est conforté par la Banque de France qui table également sur une croissance de 5 % et par l’OCDE, qui anticipe 5,8 % de croissance en France. 

L’indicateur du sentiment économique de l’UE atteint 114,5 points en mai 

Sommes-nous sur la route de la normalisation de la vie quotidienne ? Il semble que oui : des matchs de foot commencent à accueillir du public et plusieurs pays européens autorisent le retour des touristes sur “simple présentation d’un test Covid-19 négatif” selon Le Monde. Les indicateurs semblent être au vert et tendent à montrer que l’économie européenne redémarre fortement. Pour preuve, “l’indicateur du sentiment économique de l’Union européenne (UE), qui est un sondage mensuel réalisé auprès des consommateurs et des entreprises, a fait un bond de quatre points, à 114,5 points”. Il se situe très largement au-dessus de sa moyenne de long terme (100 points), et dépasse même les niveaux post-crise financière de 2008. 

L’ensemble des secteurs économiques notent une amélioration substantielle de leur situation : industrie, construction, services, commerce, consommation et ce, dans tous les pays de l’Union européenne. “L’Italie connaît la plus forte progression (+ 11 points), suivie de la Pologne et de la France (autour de + 5 points), tandis que les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Espagne gagnent deux à trois points” relève Le Monde. Les économistes d’Oxford Economics s’attendent même à une “explosion de la consommation probable à partir de juin et pour l’été”. Selon la Commission européenne, la croissance devrait atteindre 5,7 % en France, 5,9 % en Espagne, 4,2 % en Italie et 3,4 % en Allemagne. Pour l’ensemble de la zone euro, elle devrait être de 4,3 %. De plus, les ménages revoient à la baisse leurs prévisions de chômage, un signe fort qui montrent que les consommateurs croient véritablement à la reprise sur le marché du travail.  

Enfin, le plan de relance va venir apporter un soutien massif aux pays de la zone euro : il a été ratifié par l’ensemble des États membres et les 750 milliards d’euros qui le composent vont pouvoir être distribués aux États dès la fin du mois de juillet. L’Italie attend beaucoup du plan de relance européen : le gouvernement de Mario Draghi prévoit de dépenser “235 milliards d’euros, l’équivalent de 14 % de son PIB, dont 85 milliards venant des transferts de l’UE”. Ces dépenses devraient entraîner une hausse du PIB de “1,5 à 2 points entre 2022 et 2026” selon Oxford Economics. 

Sources : 

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