Actualité 02.10.20

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

Le dispositif du chômage partiel indemnisé à 100 % est prolongé  

La décision était attendue par de nombreuses entreprises des secteurs dits “protégés”, dont font notamment partie l’hôtellerie-restauration, la culture, l’évènementiel et le sport. La ministre du travail, Mme Elisabeth Borne, a annoncé mercredi 30 septembre que le dispositif d’indemnisation du chômage partiel à 100 % sera non seulement prolongé jusqu’à la fin de l’année, mais qu’il intègrera l’ensemble des secteurs protégés, et non plus uniquement l’hôtellerie-restauration, comme annoncé mardi 29 septembre. Si la décision était si attendue, c’est parce qu’un reste à charge de 15 % pour les entreprises devait entrer en vigueur au 1er novembre. 

Selon la ministre, cette prolongation va permettre de rediscuter avec les entreprises de ces secteurs “des protocoles sanitaires et donc aussi des messages qu’on peut passer à leurs clients potentiels pour les rassurer”. Mme Borne a également ajouté qu’en cas de signature d’un accord d’activité partielle de longue durée, les entreprises pourront bénéficier du “taux le plus favorable” et ce, tant que le secteur bénéficie de la mesure. Il n’y aura donc pas de pénalité pour les entreprises qui signeront un tel accord avant la fin de l’année. 

Pour rappel, l’indemnisation du chômage partiel a été mise en place il y a 6 mois, lorsque le confinement est entré en vigueur, dans le but “d’éviter des licenciements”. Selon les dernières données du ministère du travail (août 2020), environ 1,3 millions de salariés du privé bénéficient de cette mesure. 

Budget de l’État : 52,6 milliards d’€ en faveur de l’environnement  

La pression était forte sur le gouvernement, qui a présenté mercredi 30 septembre un rapport sur la “valeur environnementale des dépenses prévues par l’État” en 2021. Selon ce rapport, ce sont presque 53 milliards d’euros de crédits budgétaires et dépenses fiscales qui seront favorables à l’environnement. Ce montant représente 9 % du budget total, chiffré à 574,2 milliards d’euros. En faisant exception des mesures fiscales, les crédits en faveur de l’environnement s’élèvent à 34 milliards d’euros.  

Comment définir un crédit “pro-environnement” ? Il doit répondre à au moins un des six critères (eau, déchets, pollution, biodiversité, atténuation et adaptation au changement climatique) d’une grille de classification, qui s’applique à l’ensemble des missions des différents ministères. Plusieurs mesures du plan de relance en font notamment partie : les crédits dédiés aux énergies renouvelables et à la rénovation énergétique des logements par exemple. 

Il reste cependant des crédits ou des aides fiscales accordés à des secteurs polluants parmi les 574,2 milliards, pour un montant de 10 milliards d’euros. Ainsi, des “exonérations ou taux réduits sur les taxes sur les carburants” et un soutien au secteur aérien sont présents. Il faut également prendre en compte que les dépenses de certains ministères n’ont pas été évaluées, comme celles du ministère de la défense, par manque de temps. Enfin, il existe des dépenses qui peuvent à la fois être considérées comme pro-environnement et anti-environnement : la rénovation du réseau routier et les chantiers d’infrastructures de transport ferroviaire. Car si le train est un moyen de transport plus écologique que la route, son développement cause des dégâts à la biodiversité. 

France : léger recul du CA des restaurateurs : – 6,7 % 

Les restaurateurs ont été durement touchés par les mesures de confinement entre mars et mai. Ils appréhendaient l’été avec inquiétude, malgré la très forte promotion du tourisme intra-hexagonal pour compenser l’absence de touristes étrangers. Au sortir de l’été, ils dressent un bilan mitigé mais bien moins négatif qu’anticipé, bien que des disparités fortes se fassent sentir entre la province et la capitale. Au total, le recul du chiffre d’affaires des restaurateurs en France s’établit à 6,7 %, par rapport à l’été 2019. Ce chiffre et ceux à venir sont ceux de L’addition, un logiciel de caisses enregistreuses sur tablette, qui possède “des clients un peu partout en France, donc ces données sont assez représentatives du territoire”, selon Olivier Repessé, le cofondateur de L’addition. 

L’Île-de-France est la région qui a le plus souffert de l’été : en moyenne, le recul du chiffre d’affaires y est de 20 %, avec des gouffres à 50 et 60 % dans certains restaurants. En revanche, certaines régions ont su profiter de l’été pour améliorer leur chiffre d’affaires : les Hauts de France et l’Occitanie (+ 8 %), la Bourgogne-Franche-Comté (+ 6 %) et le Grand-Est (+5 %) sont ainsi en progression par rapport à 2019. Les Pays de la Loire, le Centre-Val de Loire ont enregistré un chiffre d’affaires stable. Le sud-est de la France a en revanche connu des baisses plus prononcées : – 9 % en Corse et – 8 % en PACA. Toujours selon Olivier Repessé, “les gros établissements ont absorbé la clientèle des plus petits”, ce qui a conduit à des disparités entre restaurants d’une même ville.  

Comment expliquer la dégringolade d’Île-de-France ? Marcel Benezet, le président des cafés, bars, brasseries du GNI-Synhorcat avance plusieurs explications : le recours au télétravail a réduit la clientèle sur le temps du midi (à hauteur de 10-15 %), de nombreux parisiens qui sont allés se confiner en province ne sont pas revenus en juin et les “parisiens âgés n’osent plus sortir au restaurant”, privant de ce fait les restaurants d’une clientèle “souvent aisée”. Ainsi, certains restaurateurs ont perdu jusqu’à 80 % de leur chiffre d’affaires cet été.  

Sources : 

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. 

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