Actualité 19.04.21

Lancement de la réforme du label ISR

Le 25 mars, à l’occasion du lancement des discussions autour de la réforme du label Investissement Socialement Responsable (ISR), Léa Dunand-Chatellet, directrice de l'investissement responsable de DNCA Investments a répondu aux questions de Grégoire Favet sur Smart Bourse. Debrief.

Quelle est l’histoire du label ISR ? 

Il est intéressant de revenir sur l’origine de ce label. En France, nous avons été pionniers avec l’ISR. Quelques labels ont été créés autour des années 2010, mais ils n’étaient pas des labels d’État. C’est en 2015, que Bercy s’empare de la question avec l’ISR, suivi peu après par le ministère de l’Écologie avec le label “Greenfin”.  A ce moment-là, l’existence de deux labels sous l’égide de l’Etat était unique en Europe. Ces deux labels avaient pour objectif de structurer les audits, des process, des fonds.  

Pourquoi la réforme est-elle intéressante ?  

Pour le moment, le label français est un label de process. On atteste que vous avez une recherche extra financière, quelle que soit sa qualité, qu’elle soit interne et externe, peu importe que cette recherche vienne interférer dans la gestion de votre fonds. Il faut également exclure un certain nombre de valeurs (il y a un minimum de 20 %). Un reporting des données extra financières pour vos clients est également obligatoire. Mais ce label n’interdit pas d’investir dans le pétrole, le gaz, l’armement ou l’alcool. Donc cela créé de la confusion.  

Cette confusion a favorisé l’émergence de nouveaux labels. Beaucoup de labels ont proliféré en Europe, notamment en Belgique. Il y a deux ans, un label qui exclue de manière un peu plus drastique certains secteurs, dont le pétrole, le gaz, le tabac ou encore le charbon a été créé.  

Pour cause, ces labels s’adressent au grand public. Lorsqu’un investisseur particulier investit dans un fonds ISR il ne s’attend pas à y trouver des acteurs du pétrole ou gaz. Le but de la réforme est donc de garantir la qualité des fonds ISR. 

A quoi va ressembler le label ISR à l’avenir ? 

Il faudrait mettre en place des indicateurs de performance. Par exemple, donner la possibilité de comparer les émissions de carbone d’un fonds par rapport à un indice de référence, ou regarder si les entreprises d’un fonds sont controversées sur des questions de respects des droits humains, éventuellement parler de création d’emplois…  

Dans les prochaines années, le label ISR va peut-être devenir plusieurs labels, ou être organisé sous forme de note avec une gradation d’exigence. Il ne faut pas perdre de vue que c’est un sujet qui est discuté avec plein de parties prenantes : les syndicats, les entreprises, les sociétés de gestion, l’État… C’est une multitude de points de vue qu’il va falloir réunir.


Pour aller plus loin, vous pouvez réécouter l’interview complète de Léa Dunand-Chatellet, directrice de l’investissement responsable de DNCA Investments sur le site de B Smart : https://www.bsmart.fr/video/4855-smart-bourse-partie-25-mars-2021-soir 

Les analyses et les opinions mentionnées représentent le point de vue de l’auteur référencé. Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle.

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