Actualité 12.11.20

L’action des banques centrales

Depuis le début de la crise sanitaire, les banques centrales ont mis en place de nombreuses mesures afin d’éviter un effondrement de l’économie et permettre aux États de continuer à emprunter sur les marchés à des taux acceptables. Nous allons nous intéresser plus spécifiquement à la Fed et à la Banque centrale européenne (BCE) pour étudier concrètement comment leurs actions ont maintenu les économies américaines et de la zone euro à flots.

Welcome to the Federal reserve 

Les 15 et 16 septembre derniers s’est tenue une réunion de la Fed, lors de laquelle décision fut prise de maintenir le principal taux directeur entre 0 et 0,25 %, jusqu’à ce que l’inflation soit “remontée modérément au-dessus de l’objectif de long terme de 2% de la banque centrale américaine[1]. Selon les projections de la Fed, cela ne devrait pas arriver “avant 2023”. Les dirigeants de la Fed ont néanmoins ajouté que le maintien des taux à des niveaux aussi bas n’était pas “un engagement inconditionnel”, et qu’une reprise post-coronavirus forte conduirait à une remontée des taux.  

Contrairement à la BCE, la Fed n’a pas que le maintien de l’inflation comme objectif. Elle a également pour mission de favoriser l’activité économique et l’emploi. A cet égard, même “si l’inflation accélère, la banque centrale ne sera pas contrainte de peser sur l’activité” selon Philippe Waechter[2], Chef Économiste chez Ostrum Asset Management. 

La Fed n’a pas fait qu’abaisser son taux directeur au début de la crise : elle est intervenue de manière massive, en achetant de la “dette et des titres[3], pour que le système de crédit continue de fonctionner. Au total, le bilan de la Fed s’est alourdit de 3 000 milliards de dollars… en 3 mois. Il devrait représenter “40 % de l’économie américaine” selon Les Echos. De plus, la Fed a également acheté de la dette à 86 entreprises américaines, une première historique, pour un moment de 427 millions de dollars. Microsoft et AT&T sont par exemple concernées. 

Enfin, avant d’annoncer d’éventuelles nouvelles mesures, la Fed est – comme de nombreux américains – dans l’attente de l’entrée en vigueur du plan d’aide fédéral, sur lequel Démocrates et Républicains n’arrivent pas à s’entendre. Il faudra surement attendre le lendemain des élections pour le voir entrer en vigueur soit, pas avant le mois de janvier 2021. 

Willkommen bei der EZB 

Lors de la première vague de coronavirus, la BCE avait réagi de manière très rapide pour soutenir les États de la zone euro. Un plan “d’achat d’actifs urgence pandémie (PEPP)[4] de 1 350 milliards d’euros avait été décidé, et 1 300 milliards de prêts à taux négatifs ont été accordés aux banques pour leur permettre de “continuer à financer l’économie”. Le PEPP poursuivait plusieurs objectifs : stabiliser les marchés et ramener la courbe de l’inflation à son niveau pré-pandémie, en maintenant des taux d’intérêt bas. A l’heure actuelle, la BCE considère que ces objectifs sont remplis. 

Début octobre, la BCE a évoqué l’idée de laisser filer l’inflation au-delà des sacrosaints 2 %[5], qui sont pourtant l’objectif unique de la BCE. L’idée serait de provoquer un “électrochoc” sur les marchés. Si ces derniers anticipent une hausse de l’inflation, elle remontra d’elle-même. En visant une remontée de l’inflation, la BCE cherche à éviter le risque inverse : la déflation. Comme l’explique Esty Dwek, Responsable de la stratégie de marchés chez Natixis Investment Managers Solutions, on s’attend à ce que la BCE annonce “des mesures supplémentaires dans les mois à venir, d’autant que l’Europe est confrontée à des pressions déflationnistes”.  

Le 19 octobre, lors d’un entretien au journal Le Monde[6], Christine Lagarde, présidente de la BCE, a expliqué que la Banque “n’a pas épuisé toutes les possibilités” de sa boîte à outils, et que la BCE pourrait en faire davantage si cela était nécessaire, sans annoncer – pour le moment – de nouvelles mesures. 

Disclaimer : Propos rédigés le 29/10/2020. Cet article ainsi que les entreprises citées dedans ne constituent pas un conseil en investissement ni une recommandation ou une offre d’achat ou de vente de titres. 

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